I was worried your wings would melt.

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Bienvenue sur ce blog !

Ce blog est en quelque sorte un blog de fic, sauf que ce ne sera pas une fic entière qui sera postée, avec un chapitrage qui se suit, mais plusieurs petites ficlettes (certaines font une page, d'autres à peine un paragraphe), toutes sur la série Dr House (House MD). Elles mettent en scène différents personnages, avec une nette préférence pour James Wilson et Gregory House.

L'idée pour ces ficlettes ne me viennent pas au hasard, mais grâce à un petit livre très poétique que ma mère a eu pour son anniversaire, qui se nomme Une pensée positive par jour et rassemble des citations sur le thème du bonheur, de la vie, etc. Je suis l'ordre du livre et numérote les ficlettes en fonction du numéro de la citation, de 1 jusqu'à 365 (évidemment).

A vrai dire, ce blog n'est pas définitif. Je le commence pour pouvoir partager les quelques ficlettes que j'ai déjà écrites, mais quand j'en aurais environ une centaine, je commencerai un blog sur une autre plateforme qui me permettra de faire mon propre design, d'avoir des catégories etc.


IL Y AURA PROBABLEMENT
DU SLASH SUR CE BLOG.

(relations homme/homme)


Ca m'étonnerait qu'il y ai des gens mais hum... si jamais vous voulez être mis au courant des updates, laissez un commentaire ici que je fasse une liste...
De même si vous avez une question, n'hésitez pas...

# Posted on Monday, 15 December 2008 at 3:29 PM

Edited on Monday, 15 December 2008 at 3:49 PM

1


1. « Le vrai bonheur ne dépend d'aucun être, d'aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous. » Le Dalaï Lama, Gyatso Tenzin dit (chef suprême du bouddhisme tibétain ; né en 1935)


House fixait la porte avec la plus grande indifférence. Cela faisait dix minutes qu'on y frappait avec insistance. Il savait très bien qui était derrière. La dernière personne qu'il avait envie de voir pour le moment. Il raffermit sa prise sur sa canne alors que son autre main se crispait sur son verre de whisky. On continuait de frapper.
Il savait que Wilson n'entrerait pas sans y être inviter.
Il savait aussi qu'il n'abandonnerait pas avant qu'il n'accepte de le laisser entrer.
Pourtant...
- House, ça ne sert à rien de rester cloîtré chez toi. Ecoute, je ne peux pas te forcer à être heureux, mais tu pourrais au moins faire un effort !
Il y eut un silence, puis :
- Je m'en vais. Je vois bien que tu préfères t'embourber dans ta rancune à la con.
House esquissa un sourire et reposa son verre. Il laissa s'écouler plusieurs minutes, puis il se leva et alla vers la porte. Il attendit encore, puis l'ouvrit violemment.
Wilson, qui n'avait pas bougé d'un centimètre, sursauta. House le gratifia d'un grand sourire.
- J'ai décidé d'être heureux pour la soirée, finalement. A condition que tu payes le dîner.
L'oncologue prit un air soulagé, puis sourit légèrement.
- C'est toujours moi qui paye le dîner. Même quand tu es de mauvaise humeur. Surtout quand tu es de mauvaise humeur.
Cela les fit rire ; mais Wilson dut bien admettre en son fort intérieur, alors qu'il regardait House fermer sa porte à clé, que voir son ami accepter d'être heureux lui aurait fait du bien.

# Posted on Monday, 15 December 2008 at 3:56 PM

Edited on Monday, 15 December 2008 at 4:06 PM

2


2. « La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit. » Oscar Wilde (écrivain et auteur dramatique anglais ; 1854-1900)


La jeune femme blonde qu'il avait pris en consultation était partie dans un speech d'une demi-heure sur la prétendue maladie de son fils, et House devait faire des efforts pour continuer à suivre. Il avait essayé plusieurs fois de l'interrompre, mais à chaque fois la voix de la jeune femme partait dans des aiguës hystériques et il était bien obligé de la laisser continuer. Le petit garçon fixait ses genoux comme s'ils possédaient la réponse au grand mystère de l'existence.
Alors qu'elle reprenait son souffle un grand coup pour repartir dans une nouvelle demi-heure de plainte, House y vit une occasion d'en placer une et lança le plus rapidement possible :
- Est-ce que vous pourriez sortir un instant s'il vous plaît mademoiselle ?
Il reprit son souffle. La jeune femme cilla. Il eut un rictus. Ils se défièrent du regard un instant, puis elle détourna les yeux, haussa les épaules et sortit sans rien dire.
Le petit garçon observait maintenant le mur à sa gauche avec intérêt.
- Alors, fit House en s'approchant de lui. Pourquoi est-ce que ta mère fait une crise d'hystérie ? Je suis sûr qu'elle est comme ça vingt-quatre heures sur vingt-quatre, mais là ça m'a l'air un peu plus grave que d'habitude...
Le garçon fronça les sourcils. Il tourna enfin la tête vers le médecin ; ses petits yeux verts étaient plein de larmes.
- Je veux pas être abocat, c'est nul. Je veux être cosmonaute !
- Un choix très louable, approuva House avec une moue, bien que je ne sois pas très sûr d'en quoi peut consister le métier d' « abocat ».
Il sortit son stéthoscope, profitant du calme de la salle d'examen pour enfin faire son travail. Le garçon se mit à chouiner.
- Ma maman elle veut pas, elle dit que cosmonaute c'est pas possible et que j'y arriverai jamais et que je vais être déçu et que au moins abocat c'est un métier sûr et qu'on gagne beaucoup...
Il s'arrêta, perturbé.
- Beaucoup de quoi ?
- De baffes, si tu veux mon avis. (House prit un bâtonnet et lui fit ouvrir la bouche.) Tu as une angine, rien de grave. (Il s'avança vers la porte et l'ouvrit.) Eh ! la pipelette, là-bas ! Arrêtez d'emmerder les infirmières et venez plutôt voir votre fils !
La jeune femme voulut protester mais House avait déjà refermé la porte. Elle avança à grands pas furieux, la rouvrit et se précipita à l'intérieur. Elle prenait une grande bouffée d'air pour repartir dans ses diatribes, mais il ne lui en laissa pas le temps :
- Votre fils a une angine. Par contre, s'il refuse de vous parler, chiale sans arrêt et s'enferme dans sa chambre, ça n'a rien à voir avec sa maladie : c'est parce que vous êtes une emmerdeuse de première.
Il la regarde quelques secondes pour apprécier la façon qu'avait son visage de devenir rouge, puis se retourna vers le petit garçon :
- Tu vas devenir un cosmonaute hors-pair, j'en suis certain. Envoie-moi une carte postale de Saturne, surtout.
Il posa la main sur la porte. La jeune mère semblait avoir perdu la parole tant elle était en colère.
- Oh, et évite d'emmener ta mère avec toi. (Il baissa la voix.) Elle ferait peur aux martiens.
Il quitta la salle d'examen, suivi par le rire enjoué – quoiqu'un peu rauque – du futur cosmonaute.

# Posted on Monday, 15 December 2008 at 3:58 PM

3


3. « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. » Lao-Tseu (philosophe et maître taoïste chinois ; v. 570 – v. 490 av. J-C)


La cafétéria résonnait des bruits habituels des humains dévorant leur nourriture à l'heure du repas. House jeta un nouveau coup d'½il dégoûté à son assiette.
- J'aime pas ce poisson.
- Eh bien, tu n'avais qu'à prendre autre chose, répliqua Wilson d'un ton calme. Il mangeait avec précautions, et la nervosité de House le déconcentrait. Il était déjà obligé de payer deux repas au lieu d'un, s'il devait en plus supporter la mauvaise humeur de son ami...
House fit la moue, regardant cette fois-ci l'assiette posée face à la sienne.
- Je pensais que tu prendrais autre chose, lâcha-t-il finalement.
Wilson leva les yeux au ciel.
- Bien sûr ! Et donc, dans un de mes fameux élans de gentillesse et de dévotion à ton égard – que tu ne mérites d'ailleurs absolument pas – je t'aurais fait don de mon plat en échange du tien – quand bien même il ne me plairait pas, c'est ça ?
Avec la grimace de l'enfant coupable pris sur le fait, House hocha la tête lentement.
- Viens chez moi ce soir, soupira Wilson que les petits yeux bleus mouillés de son ami finissaient toujours par avoir, je te ferai la cuisine.
House sourit et prit sa fourchette. Il entreprit de découper son poisson en plus petites parts possibles. Puis il lorgna le pain et la salade de son meilleur ami avec insistance. Ce dernier battit en retraite.
- Vas-y, prends, je n'ai plus très faim de toute façon...

# Posted on Monday, 15 December 2008 at 4:00 PM

4


4. « J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé. » Voltaire (écrivain et philosophe français ; 1694 – 1778)


Être assis à l'envers sur sa chaise de bureau n'était normalement pas la position idéale pour discuter ; c'est pourtant comme ça que House reçut son meilleur ami cet après-midi-là. Il essayait depuis une demi-heure de faire tenir en équilibre sa balle sur le bout de sa canne, sans succès. Wilson le regarda faire avec dans les yeux la tendresse ironique d'une mère pour son enfant tentant en vain d'empiler plus de dix cubes, quand bien même ils s'effondreraient dès le neuvième.
La balle rebondit sur le sol. House fixa le plafond un instant ; puis, s'aidant de sa canne, il reprit une position un peu plus normale. Il observa Wilson avec l'air le plus sérieux possible.
- Comment tu fais ?
Wilson cilla.
- Comment je fais quoi ?
House se pencha pour ramasser la balle. Il se mit à jongler avec.
- Récapitulons. Tes mariages ont tous foiré. Ton meilleur ami est un salaud. Tu es obligé d'annoncer tous les jours à des gens qu'ils doivent mourir...
Il fit mine de réfléchir, un petit sourire aux lèvres, tout en faisant sautiller la balle dans une de ses deux mains.
- Oh ! et ta cravate est ignoble. (Wilson haussa les sourcils.) Comment tu fais pour être heureux ?
- Tu cherches une méthode miracle ? répondit Wilson du tac au tac. Il s'assit sur la chaise en face de son ami et soupira avec un pauvre sourire : Je suis médecin, je choisis ce qui permet de rester en bonne santé.
Ce fut au tour de House de hausser les sourcils.
- Alors être heureux pour toi c'est être en bonne santé, c'est ça ?
- C'est ça.
House haussa les épaules et sans un mot, reprit sa position initiale. Wilson se leva.
- Tu m'as fait convoquer pour ça ?
- Oui, fit House le plus simplement du monde en recommençant ses tentatives d'équilibre. Tu peux retourner batifoler joyeusement dans la bonne santé avec tes petits cancéreux.
S'il avait été quelqu'un d'autre, Wilson serait sorti en claquant la porte.
Mais il arrivait même à trouver ça drôle.

# Posted on Monday, 15 December 2008 at 4:01 PM

5


5. « En vérité le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout. » Albert Camus (écrivain français ; 1913 – 1960)


Il y avait une odeur malsaine dans la chambre. Si Cameron n'avait pas été là, Chase aurait sûrement chuchoter à Foreman que c'était une odeur de cadavre. Le patient, plongé dans un profond coma depuis déjà deux semaines, était allongé sur son lit. C'était un homme d'une trentaine d'années. Une fillette d'à peine douze ans était assise près de lui ; l'air sérieux, elle ne le quittait pas des yeux.
Tandis que ses collègues récupéraient de quoi faire une nouvelle série d'examens sur ordre du grand chef House, Chase s'approcha de la petite fille.
- Tu es sûre que tu ne veux pas manger quelque chose ? demanda-t-il gentiment.
Elle se crispa :
- Il va se réveiller. Il va se réveiller, j'en suis sûre.
Foreman et Cameron se regardèrent ; avec un hochement de tête et une légère inclinaison des épaules, Foreman récupéra les échantillons et sortit de la chambre. Cameron rejoignit Chase.
- Tu veux qu'on rappelle ta mère, Ophélia ?
La fillette secoua la tête. Elle prit la main de son père – qui semblait gigantesque par rapport à la sienne – et la caressa doucement, en fredonnant très bas ce qui ressemblait à une berceuse.
Chase se racla la gorge.
- Bien, dans ce cas, nous allons commencer les examens pour ton papa. Il va aller mieux, ne t'en fais pas.
Il amorça un geste pour lui caresser la tête, mais abandonna au milieu. Après un coup d'½il furtif vers Cameron, il sortit à son tour.
- Il va se réveiller, hein madame ? murmura Ophélia sans quitter le visage de son père des yeux, caressant toujours sa main dans un geste maladif.
Cameron se força à sourire. Elle savait bien que ce n'était pas bien convaincant, mais la petite fille n'était de toute manière pas prête de quitter l'homme du regard...
- Bien sûr. Je vais te laisser un instant, je reviens dans quelques minutes, d'accord ?
Aucune réaction. Cameron sortit.
Elle s'apprêtait à amorcer un virage pour aller engueuler House qui était incapable de trouver un traitement efficace, quand un grand cri venant de la chambre la fit se retourner. Elle s'y précipita.
- Qu'est-ce que...
Elle s'arrêta net, et considéra la scène qui se jouait devant elle. L'homme s'était réveillé, et il serrait sa fille dans ses bras. Il y avait des sanglots, mais on ne pouvait pas très bien savoir de qui ils venaient.
Elle sourit vraiment, et son visage s'illumina, pour la première fois depuis deux semaines.

# Posted on Monday, 15 December 2008 at 4:02 PM

6


6. « Chaque fois qu'un homme sourit, il ajoute quelque chose à la durée de sa vie. » Laurence Sterne (écrivain irlandais ; 1713 – 1768)


Le réveil sonna une première fois. House ne réagit pas. Il sonna une seconde fois. House le renversa d'un coup de main, et se redressa dans son lit. Il étouffa un gémissement. Première douleur de la journée : ça commençait bien. Il attrapa son flacon de Vicodin et en avala deux d'un coup.
Il attrapa sa canne, se leva, s'étira. Il ramassa le réveil qui indiquait à peine neuf heures moins vingt et le reposa à sa place. Cette série de gestes – renverser le réveil puis le remettre – avait quelque chose de très paradoxal. Cela le fit sourire.
Il avança jusqu'à la cuisine, attrapa un reste de café qu'il observa quelques secondes en le secouant un peu – ça allait être immonde ; tant pis, il dirait à Cameron ou à Wilson de lui en faire à l'hôpital. Il le mit à chauffer, attrapa deux toasts, ouvrit le frigo, en sortit deux ½ufs. Chaque geste était rapide sans qu'il le fasse vraiment exprès. Cela le fit sourire de nouveau.
Il cassa les ½ufs dans une poêle, les fit chauffer, les posa dans une assiette où il avait déjà posé les toasts. Là, il marqua une pause, et consulta la pendule. Neuf heures moins dix.
Parfait.
Il récupéra le café, et amena le tout dans le salon. Il alluma la télévision. Il avait fini de manger quand la pendule de la cuisine marquait neuf heures neuf, et le café avait bel et bien été infect. Avec un sourire de gamin, il souhaita que celui que lui préparerait Cameron – ou Wilson – soit délicieux.
Il éteignit le poste, passa dans sa chambre récupérer de quoi s'habiller – les même vêtements que la veille, il était trop fatigué pour en choisir d'autre, ou il avait trop la flemme. Il entra dans la salle de bain et s'observa dans le miroir.
Il caressa son menton pour vérifier sa pilosité. Il commença à parader devant la glace, se faisant des grimaces ou de grands sourires. Il attrapa une cravate qui traînait là et la noua négligemment autour de son cou.
- Vous allez mourir, fit-il à son reflet avec un grand sourire. Je suis persuadé que Wilson passe des heures à s'entraîner dans sa salle de bain, ajouta-t-il plus bas en retirant la cravate.
Il prit un air tragique pour imiter Cameron, un air précieux pour imiter Chase, un air renfrogné pour imiter Foreman. Il en était à un air autoritaire absolument hilarant pour Cuddy quand une sonnerie venant de sa chambre le rappela à l'ordre. Neuf heures vingt, il était temps de s'activer.
Il se lava, se brossa les dents, s'habilla à la va-vite, attrapa sa canne et gratifia son reflet d'un dernier grand sourire avant de sortir.
Se mettre de bonne humeur le matin était la meilleure stratégie pour garder un air parfaitement indifférent et cynique le restant de la journée.

# Posted on Tuesday, 16 December 2008 at 10:27 AM

7


7. « La nature nous a donné une langue et deux oreilles, afin que nous écoutions le double de ce que nous disons. » Zénon de Citium (philosophe grec, fondateur du stoïcisme ; 335 – 264 av. J-C)


Si House avait du définir les gens en les mettant dans des catégories, voilà comment il l'aurait fait : il y avait deux types de personnes, d'abord les gens comme Wilson ou Cameron.
Ces gens sont des saints. Ils sont adorables, dévoués, serviables. Ils aiment les autres profondément, ils ont pitié des plus faibles, ils croient au pouvoir de la bonté humaine et aux théories fumeuses comme quoi les Hommes seraient bons par nature – ce que les gens appartenant à cette catégorie sont, malheureusement pour eux. Ils passent leur vie à perdre du temps à écouter les autres geindre et raconter leur vie sans jamais se plaindre eux-mêmes ou parler de leurs propres problèmes. Ils finissent martyr, héros, sacrifiés, morts au combat et cætera.
Ensuite il y avait les gens comme lui, ou peut-être Foreman.
Ces gens sont autrement moins parfaits. Ils n'ont aucune morale, ou alors une morale beaucoup trop atrophiée pour être prise en compte. Ils ne sont pas bons, ils sont réalistes et se foutent des autres comme de l'an quarante. Ils sont désagréables, égoïstes, méfiants. Ils pensent plutôt que les êtres humains sont destinés à s'entre-tuer et que, comme dirait l'autre : « tout le monde ment ». Ils passent leur vie à ignorer les autres, à ne pas les entendre – voire à ne pas les écouter tout simplement – et à parler d'eux pour meubler le silence. Ils finissent tyrans, méchants de BD, assassinés, neurologues, etc.
Cette théorie amusait beaucoup Wilson qui répondait que House écoutait beaucoup plus et parlait même parfois beaucoup moins qu'il ne voulait l'admettre et le montrer au monde extérieur.

# Posted on Tuesday, 16 December 2008 at 10:29 AM

8


8. « Le bonheur est né de l'altruisme et le malheur de l'égoïsme. » Proverbe bouddhiste


S'il ne le voyait pas souvent en jouer depuis des années, Wilson n'aurait jamais cru que House jouait du piano. Cela ne collait pas du tout au personnage. Ce soir-là, cependant, il jouait une quelconque symphonie d'un quelconque compositeur, et il ne disait rien. La soirée avait eu quelque chose de vaguement morose, et House était plongé dans ses pensées. Son meilleur ami aurait presque juré qu'il fuyait son regard.
- Ca ne va pas ? demanda-t-il finalement sans pouvoir s'en empêcher.
House dérapa. C'était mauvais signe. Il grommela quelque chose et reprit sa mélodie. Sans se retourner, il répondit :
- Bien sûr que ça va.
Sa voix manquait de conviction ; mais ça ne voulait pas dire grand chose, après tout. Wilson se laissa aller contre le canapé.
- Et les autres ?
Cette fois-ci, il n'y eut aucune fausse note ; tout au plus un léger ralentissement.
- Les autres ? Quels autres ? s'enquit House d'un air faussement perplexe.
- Les autres, ceux que tu t'efforces d'ignorer : Cameron, Chase, Foreman... Cuddy, lâcha Wilson en fixant le dos de son ami du regard.
Les épaules du pianiste frémirent, comme s'il riait – ou sanglotait, c'était à vrai dire impossible à dire, mais assez simple à déduire – et Wilson lui-même esquissa un sourire.
- J'en sais rien, grogna House, plus par jeu qu'autre chose. Je m'en fous.
- C'est bien là le problème, lâcha Wilson très bas en fermant les yeux.

# Posted on Tuesday, 16 December 2008 at 10:30 AM

9


9. « Négliger les petites choses sous prétexte qu'on voudrait en faire des grandes, c'est l'excuse des lâches. » Alexandra David-Neel (écrivain et exploratrice française ; 1868 – 1969)


C'était un après-midi très chargé.
House avait l'impression d'avoir fait trois fois le tour de l'hôpital. Il avait vociféré, réfléchi, jonglé, sautillé, vacillé, bu une tisane infecte préparée par Cameron, emmerdé Wilson à l'heure du repas, réfléchi encore plus, grogné, s'était plaint, et pour finir, avait fait pleuré une de ses patientes en consultations. Il faut dire que le « gros » dossier qu'il avait en charge était particulièrement ardu, et qu'ils ne savaient toujours pas où ils allaient, ce qui avait le don de l'énerver. Il n'arrivait même pas à se concentrer sur ses pensées. Il avait avalé trois Vicodin d'un seul coup et pourtant il avait encore mal à la jambe – ou peut-être était-ce une impression, en tout cas c'était une impression gênante.
Cameron essaya de lui dire quelque chose. Il l'ignora, levant la main pour la faire taire. La jeune femme leva les yeux au ciel et sortit d'un pas agacé. Chase le fixa quelques secondes puis sortit derrière elle. Foreman se contenta de quitter la pièce sans même lui prêter attention.
Il s'enfonçait dans la contemplation du tableau blanc qui ne contenait aucune réponse quand la porte se rouvrit. Songeant que ce devait être Cameron qui revenait pour lui faire la morale – ou chialer, qui sait – il grogna.
- House, je peux savoir ce que vous avez aujourd'hui ? fit derrière lui la voix parfaitement reconnaissable de Lisa Cuddy.
Le « génial » qu'il articula d'un air faussement ravi resta silencieux. Il se leva pour lui jeter un coup d'½il.
- Eh bien, je réfléchis à mon patient. Vous savez, j'essaie de sauver des vies... c'est ce truc que font les médecins, de temps en temps, quand ils ne sont pas trop fatigués.
Cuddy le considéra d'un air incrédule.
- Sauver des vies ne justifie pas votre attitude cassante avec vos employés et vos amis, rétorqua-t-elle finalement. Elle ressortit sans rien dire de plus.
House fronça les sourcils et pencha la tête sur le coté. Il ne pouvait pas tout faire en même temps !

# Posted on Tuesday, 16 December 2008 at 10:33 AM